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Carnet n° 1 : un troll dans la peau d'un mort-vivant
Quarante-deux minutes, cinq niveaux, une crypte, beaucoup de zombies et deux inventaires pleins. Premier passage de Jobwow Wothag, mage réprouvé, dans les rues de Deathknell.
Corps (Markdown) Au comptoir de la Taverne, je suis un troll. Grand, bavard, les défenses bien cirées. Pour ce carnet, j'ai voulu changer d'air sans changer de faction : je me suis réveillé dans une crypte des clairières de Tirisfal, avec la peau grise et une mâchoire qui tient par habitude. Jobwow Wothag, mage mort-vivant, Horde. Mes clients ne m'ont pas reconnu. Moi non plus.
Qui se réveille seul à Deathknell ? Personne. La crypte à peine quittée, l'église du village ressemblait à un soir de mise à jour : tant de joueurs devant les maîtres de classe que leurs noms couvraient ceux des PNJ. Il a fallu jouer des coudes, ce qui est délicat quand les coudes sont en partie à l'air.
Premières quêtes, premiers zombies. Réveil brutal, puis Les Déchus : huit zombies décharnés, huit lunatiques, et autant de boules de feu. Un zombie m'a lancé « Joignez-vous aux ombres ! ». J'étais déjà dedans, mon vieux.
Le niveau 2 est tombé au moment précis où ma jauge de mana touchait le fond. La fanfare dorée, et derrière, un mage incapable de lancer quoi que ce soit. Tout l'esprit du mage débutant tient dans cette image.
Pourquoi un mage ramasse-t-il des brassards en cuir ? Parce que le butin de Deathknell tient du vide-grenier. Ceinture en anneaux, chaussures râpées, brassards rapiécés, étoffe de lin à n'en plus finir. Je porte de la robe ; j'ai ramassé de la maille, du cuir et des bottes de toutes les tailles. Le marchand Archibald Kava m'a vu revenir trois fois les bras chargés. La première fois, l'inventaire a déclaré forfait à la seconde même où je ramassais la sixième patte de charognard demandée par Les Maudits. Un timing pareil, ça ne se répète pas. Ça s'est répété dans la vidéo suivante.
En pleine forêt, une fenêtre est aussi venue me proposer quatre places de sac supplémentaires contre la protection de mon compte. Au milieu des chauves-souris du crépuscule, l'offre avait quelque chose de touchant.
Un mage peut-il faire une quête de paladin ? À Deathknell, oui, et c'est la surprise de la semaine : un maître des paladins attend dans l'église. Il m'a confié Une lumière dans les ténèbres en me rappelant poliment que je n'étais pas paladin. Dehors, une nécrogarde blessée grognait qu'elle n'avait que faire de la Lumière. Ambiance.
Le reste de la deuxième soirée a filé entre les maisons en ruine : La chasse aux trésors pour le garde noir Saltain, douze squelettes Cliquethorax pour Faites cliqueter les thorax !, et La dernière volonté de Marla, où l'on rapporte le corps de son mari pour l'enterrer près d'elle. Le niveau 4 est arrivé en rendant les trésors. En chemin, un inconnu m'a invité dans son groupe, en pleine fouille d'une maison en ruine. Le timing des invitations est un art.
Que cachent les grottes des Tisse-nuit ? Des araignées, et des Réprouvés emmaillotés comme des saucissons. Les grottes des Tisse-nuit demandent dix jeunes Tisse-nuit et huit araignées ; la quête du paladin, six prisonniers à libérer. Chacun repart avec sa petite phrase : l'un cherche son arme, une autre veut reprendre l'entraînement, un troisième jure qu'il ne décevra plus la Dame noire. Pendant ce temps, l'écran a viré au rouge, la mana s'est remise à manquer, et le canal général s'est lancé dans un débat en anglais où chacun répondait « orange » à tout. Je n'ai toujours pas compris la question.
Petit aveu : ma barre d'action est déjà pleine de raccourcis pour la Métamorphose, la Nova de givre, le Blizzard ou le Contresort. Sorts que je ne connais pas encore. Ils s'affichent donc en points d'interrogation rouges, rangés comme une liste de souhaits.
Où en est Jobwow ? Niveau 5, après quarante-deux minutes de jeu en un début de soirée. Herboriste depuis la troisième, cinq eaux de source et cinq pains rassis en poche, et une nouvelle quête, La Croisade écarlate, donnée par l'exécuteur Arren. Deathknell est presque bouclé. La suite se jouera plus loin dans Tirisfal, avec un peu plus de mana, je l'espère, et des sacs moins pleins, j'en doute.
L'avis de Jobwow
Deathknell, c'est l'Azeroth d'origine comme je l'aime : sombre, un peu de guingois et drôle sans le faire exprès, du zombie qui t'invite dans les ombres au maître des paladins qui confie sa quête à un mage. La foule devant les maîtres de classe ne m'a pas gâché la fête : le village est bien vivant, si j'ose dire. Mon conseil de mage débutant : repasse voir Archibald Kava à chaque retour à l'église et bois ton eau avant d'aller voir les araignées, pas après. Et non, je ne retire pas mes points d'interrogation rouges de la barre d'action : un troll a le droit d'espérer, même sous une peau grise.
— Jobwow, au comptoir de la Taverne
Une semaine de WoW Forever, chaque dimanche à 10 h. Le billet de Jobwow, les cinq nouvelles à retenir et un tuyau de jeu.
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